Je voulais faire un post de rentrée
Cette année plus que les autres, en ouvrant LinkedIn, j’ai remarqué que tout le monde faisait un post sur la rentrée. Comme un passage obligé. Une étape, un bilan après les vacances, des objectifs à poser pour cette nouvelle rentrée.
Au moment de vouloir moi-même faire un post de rentrée, je me suis posée la question : est-ce que je voulais écrire un post de rentrée ou est-ce que je devais poster un post de rentrée ? Je ne me suis pas sentie à l’aise avec cette idée et là tout s’est mis en place.
Pourquoi voulais-je le faire
J’ai un peu dézoomé et observé autour de moi. Cette rentrée marque tout le monde. De nouvelles vitrines, de nouvelles collections dans les magasins, de nouvelles couleurs partout, de nouvelles dynamiques en entreprise, de nouveaux objectifs… Bref, le changement est clairement maintenant.
Au-delà de cette rentrée, le problème me semblait plus global. Des rythmes réguliers, tout au long de l’année, marqués par les saisons, les fêtes, mais aussi par des rendez-vous commerciaux comme le Black Friday ou la Saint-Valentin.
Devons-nous imposer notre présence à chaque événement de notre calendrier ? Par exemple, j’ai l’impression que ça devient un automatisme : nous mettons tous une photo de profil rose pour Octobre Rose. Nous adressons nos vœux sur nos réseaux sociaux. Tous. Dans les temps, tout le temps. Le geste est noble, la cause est bonne. Mais si cela devient un automatisme, est-ce que le message lui-même perd du sens ? La campagne de sensibilisation d’Octobre Rose est pleine de valeur, mais si tout le monde reprend les mêmes codes et les mêmes actions de communication, le message ne risque-t-il pas de se diluer ?
Mais moi, avais-je réellement quelque chose de nouveau à dire ?
Ce qui m’a fait hésiter à écrire ce post, c’est que finalement je n’avais pas grand-chose à dire. Je n’avais pas l’impression d’avoir besoin de faire un bilan à ce moment ou de lancer quelque chose de nouveau en septembre.
Je me trouvais juste dans un moment de continuité sereine. Je poursuivais tout simplement ma route et c’était très bien ainsi.
Je voulais pourtant un peu l’écrire car j’avais l’impression que si je ne l’écrivais pas, je n’étais pas là. Pas dans ce rythme collectif. Pas dans cette effervescence. Si je n’incarnais pas le renouveau, est-ce que cela voulait dire que j’incarnais le passé ou pire, que je n’incarnais plus rien ? Car j’étais là, je continuais ce que je faisais. Et j’étais bien là où j’étais.
Je me rends compte au fil de mon questionnement que j’ai fait ces choses à plusieurs moments de ma vie entrepreneuriale, et que je suis de plus en plus mal à l’aise à l’idée de le faire. Je me suis parfois forcée à le faire. J’ai même parfois bâclé cette présence. Et j’ai même quelquefois culpabilisé de ne pas le faire. Et puis je me suis libérée de cette pression que je me mettais seule. Ou, tout du moins, j’essaie.
Qu'est-ce que cela raconte de la communication d'une marque ?
Un rythme de communication commun peut être utile et structurant. Mais lorsqu’il devient automatique, il peut aussi lisser la prise de parole et faire perdre de la spontanéité, de la pertinence et de la différence.
Comment savoir si ma prise de parole est pertinente plutôt qu’automatique ?
Dans un premier temps, j’ai un radar : est-ce que je veux m’exprimer ici et maintenant ? Si je veux le faire, c’est que j’ai une conviction, un intérêt, une envie. Cela guide ma décision. Si, par contre, je le fais en hésitant, en cherchant quoi dire, en m’obligeant, alors clairement, je peux rester silencieuse à ce moment.
Alors comment on fait ? Doit-on jouer avec les mêmes règles que tout le monde ? Doit-on être absolument là où on nous attend ?
Je laisse ces questions ouvertes. Si j’avais la réponse, ou ma réponse, ce serait sans doute un peu plus simple.
Remettre en question certains automatismes, c’est peut-être simplement une manière de ne pas perdre notre propre rythme.
Une marque n’a pas besoin de parler tout le temps. Elle a besoin de savoir pourquoi elle parle.
Chez papier ananas, je travaille la direction artistique et l’identité visuelle des marques pour leur donner une direction cohérente, pertinente et reconnaissable. Pas pour suivre ce qui se fait, mais pour construire ce qui leur correspond.
Vous avez un projet, une marque à créer ou une identité à faire évoluer ? Parlons-en.
papier ananas — des marques qui prennent corps.